In the nervous light

description courte?

15.06.07

73_b_by_jean_rustin

Au travers de la vitre les lignes se dessinent, la paume est r(o)ugissante,
La phallange écrasée.
Il y a au bout du doigt quelques parcelles de peaux volées, caressées, embrassées,
toutes différentes du corps qui les porte, il y a, au bout des doigts, des morceaux épidermes enfermés qui dansent cadence au travers des heures qui tournent, la peau se défile finalement, chaque seconde s'inscrit à l'intérieur de la paume qui hurle à la nuit.
Le beige s'est grisé avec le temps le cuir a pris le goût de l'asphalte, apres avoir mille fois rencontré, salué, épousé, caressé, l'écorce de l'intérieur a commencé à s'estomper pour laisser place aux lignes d'envie.
Ici ligne d'amour bosselée morcelée, intérieur brut qui se dessine et se creuse, là bas la tête est redessinée je suis le mont le venus et le mars je fais craquer mes doigts pour faire apparaître le futur plus vite et je déchiffre, toujours,je déchiffre car jamais je ne veux prendre peur.
Je ne connais pas l'avenir mais je pourrai vous conter passé, ma main est aujourd'hui seche et froide car elle a frappé les murs, elle a bâtit avant de se battre, elle a participé, je veux dire qu'elle a créé avant moi, elle a commencé seule et c'est moi qui l'ai suivie j'ai posé une pierre sur une autre et elle les a apprivoisées, ensemble nous avons dansé du pire comme du meilleur, ensemble, nous avons vécu en essentiel, ma main puissante preuve de vie, que j'ignore encore souvent, maintenant, sa froideur me réchauffe la nuque, maintenant sa force m'aide à me relever les matins incertains, maintenant,
au travers de la vitre, je redessine les lignes et la paume, pour toujours les admirer.


Les mots pour Jean Rustin.

Posté par sucrine à 13:02 - Commentaires [0] - Permalien [#]

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